Il y a quelques années, lorsqu’elle découvre l’infini champ des possibles offert par le carton, Sophie Lachot s’éveille, au sens où l’entend Paul Valéry – « La meilleure façon de réaliser ses rêves est de se réveiller. »Aussi loin que ses souvenirs remontent, Sophie a toujours habité le monde de la création. Dans le cadre exigeant et strict de l’apprentissage du violon classique ; hors cadre, dans la nature où, enfant, elle puise déjà matière à détournements. Tout est bon : feuilles délicatement nervurées, branches à la courbure soyeuse… Sa liberté se nourrit alors des ressources que lui offre une nature ignorante des limites formelles.La rencontre avec le matériau carton marque un tournant. Sophie Lachot abandonne sa vie de salariée, se forme à l’art cartonniste. Elle se perfectionne et affine son style propre. Recréation des transparences de la matière brute, transcendance de la lumière : ses œuvres témoignent de son dialogue intime avec son environnement de forêts, plateaux et combes bourguignonnes.L’inspiration naît aussi de sa curiosité insatiable pour les formes et les volumes créés par l’homme. Architecture et design alimentent le catalogue de son imaginaire et ancrent dans le même temps son travail à la tradition de l’artisanat d’art, où la fabrique du beau est une parure à l’utilité de l’objet sorti de l’atelier.En ce sens, la démarche de Sophie Lachot est avant tout altruiste. La communauté d’intelligence avec ses stagiaires, le partage avec les enfants lors de ses interventions en milieu scolaire ou auprès des centres sociaux sont les compagnons d’un chemin artistique d’abord tourné vers la rencontre avec l’autre.

(Bruno Walter)